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DECLARATION
DE l'AMDH A L'OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DES DROITS HUMAINS
A l'occasion de la journée mondiale
des droits humains pour l'année 2003, l'AMDH dénonce
les régressions dans le domaine des droits humains, et annonce
son intention de poursuivre l'action unitaire avec toutes les forces
des droits de l'homme et démocratiques en vue de l'instauration
d'une constitution démocratique et pour la réalisation
des revendications des droits humains.
Sous le slogan " instaurer une constitution
démocratique et répondre aux revendications relatives
aux droits humains essentiels, conditions pour construire l'état
de droit " l'AMDH et tous les militants des droits humains
et militants démocrates, au Maroc et à travers le
monde, fêtent la journée mondiale des droits de l'homme,
qui coïncide cette année, avec le 55ème anniversaire
de la déclaration universelle des droits de l'homme approuvée
par les Nations Unis.
Si l'évolution générale, à l'échelle
nationale et internationale, durant l'année 2003, a connu
de graves régressions en matière de respect des droits
humains, cette évolution s'est également caractérisée
par une lutte continue des forces démocratiques et des mouvement
des droits de l'homme et de la paix en vue de faire face aux régressions,
de conforter les acquis en matière de droits humains et de
préparer de meilleures conditions pour faire respecter les
droits de l'homme tels que reconnus universellement par le droit
international et tous les pactes et déclarations des droits
de l'homme.
A l'échelle mondiale et régionale,
l'AMDH :
- estime que l'impérialisme américain,
qui se cache derrière le slogan de combattre le terrorisme
en vue de bafouer le droit des peuples à l'autodétermination,
d'intensifier l'exploitation de leurs richesses et d'affermir son
emprise sur les Nations Unis marginalisant et violant ses résolutions
si le besoin s'en fait sentir, constitué le plus grand danger
menaçant la paix et es droits de l'homme à travers
le monde. A cette occasion l'AMDH réaffirme sa condamnation
des graves et continuelles régressions qu'ont connues les
droits civils et politiques, après les événements
du 11 septembre 2001, aux Etats Unis et à travers la plupart
des pays européens, surtout vis-à-vis des étrangers,
des émigrés, des nationalisés et à leur
tête ceux qui ont une origine arabe ou islamique.
- Dénonce l'invasion impérialiste de l'Irak qui est
en contradiction avec le droit international et le droit des peuples
à l'autodétermination et qui a causé des drames
humains, économiques, sociaux, urbains dus à l'invasion
et à l'occupation ; comme elle dénonce les dangers
qui menacent l'unité de l'Irak et la paix dans la région.
- Dénonce le processus d'extermination du peuple palestinien
par la colonisation terroriste sioniste soutenue stratégiquement
par l'administration américaine et lance un appel à
toutes les forces des droits de l'homme et les démocrates
dans notre pays pour intensifier son soutien au peuple palestinien
dans sa lutte pour son droit au retour à l'autodétermination
et à l'instauration d'un état palestinien indépendant
avec pour capitale Alqods. L'AMDH renouvelle son appel pour la création
d'un réseau national pour un soutien populaire des peuples
irakien et palestinien dans leur lutte légitime de libération
en vue d'en finir avec l'occupation et pour l'autodétermination
et l'indépendance. L'AMDH renouvelle sa demande de mettre
fin à l'occupation impérialiste de l'Afghanistan et
de permettre à son peuple de s'autodéterminer selon
la volonté populaire exprimée de manière démocratique.
- Affirme que le processus de mondialisation libérale sauvage
qui s'accompagne d'une intensification de l'exploitation des richesses
des peuples au profit des sociétés multinationales
et des grands état, aboutit à la remise en cause des
droits humains et des droits des peuples, surtout dans les pays
du sud. Ce processus est aussi l'origine principale des relations
politiques, économiques et sociales inégales et injustes
entraînant chômage, marginalisation, pauvreté
émigration clandestine, intolérance religieuse et
ethnique, discrimination raciale, haine des étrangers, et
recours à deux poids de mesure pour la mise en uvre
des droits de l'homme et des peuples.
A l'échelle nationale
1. L'AMDH enregistre la régression sensible qu'ont connue
les droits humains dans notre pays au cours de l'année 2003
; en effet, 2003 s'est caractérisée par une succession
de graves violation des droits humains, par le phénomène
de dépravation qui a marqué le processus électoral
qui a débuté le 12 septembre 2003 par l'élection
des assemblées communales pour s'achever par le renouvellement
du tiers de la chambre des représentants et par l'élection
des présidents des régions.
Ce processus électoral a montré ( comme en 2002 lors
des élections de la chambre des représentants le 27
septembre 2002 ) que le cours des élections dans notre pays
ne permet pas de concrétiser la volonté populaire
et d'asseoir une vie démocratique saine.
Le caractère partiel et fragile des acquis en matière
des droits humains ( du lui-même à l'absence de base
constitutionnelle, juridique, institutionnelle et économique
de la démocratie ) est la principale source de régression
que connaît la situation des droits humains dans notre pays.
De ce fait, l'AMDH considère que le peuple marocain ne peut
affirmer son droit à l'autodétermination, à
l'instauration d'une véritable démocratie, sans une
constitution démocratique et sans l'instauration de bases
juridiques et institutionnelles pour des élections libres
et honnêtes ; ceci nécessite que le Maroc approuve
les accords internationaux relatifs aux droits humains, retire ses
réserves relatifs aux accords entérinés et
adapte sa législation à la législation internationale.
2. L'AMDH considère que le terrorisme et la manière
adoptée par l'état pour le combattre sont la source
principale des violations qu'a connues notre pays durant l'année
en cours.
L'AMDH qui a vigoureusement condamné les opérations
terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca et du 11 septembre
2001, a refusé avec force l'approche officielle pour traiter
le terrorisme ; cette approche a non seulement entraîné
de grave violations en matière de droits humains mais elle
a aussi montré son inefficacité pour combattre et
extirper les racines du terrorisme.
L'AMDH a dénoncé la loi anti-terrorisme en ce sens
qu'elle constitue un recul par rapport aux acquis en matière
de liberté et de droits humains ; l'AMDH a également
critiqué l'approche sécuritaire, répressive
et abusive, de lutte contre le terrorisme incarné dans les
enlèvements, les tortures (qui ont conduit parfois à
la mort ) , les arrestations arbitraires de milliers de citoyens
soupçonnés d'appartenir à des mouvements fondamentalistes,
les jugements inéquitables de plus d'un millier de citoyens
soupçonnés d'appartenir à la Salafia Jihadia,
les peines sévères (et injustes dans plusieurs cas
) qui ont parfois abouti à des condamnations à mort
( 16 personnes ) et à des conditions de détentions
inhumaines.
A cette occasion, l'AMDH, tout en renouvelant sa revendication d'abolir
la peine de mort, lance un appel à toutes les forces des
droits humains et démocratiques pour adhérer à
une campagne nationale contre cette peine inhumaine ; de même
l'AMDH demande l'abolition de la triste loi relative à la
répression du terrorisme et demande, en revanche, que la
torture soit légalement interdite et que ceux qui la pratiquent
soient poursuivis par la loi.
3. L'AMDH estime que le dossier des graves violations des droits
humains ( disparitions forcées, arrestations arbitraires,
jugements inéquitables, exécutions et tortures entraînant
la mort ou occasionnant des séquelles physiques ou mentales,
exécutions sans jugements, exils, éloignements forcés,
déportations, encerclements, expropriations, exécutions
collectives à l'occasion de mouvements sociaux ) n'a pas,
jusqu'à présent connu sa voie pour une solution équitable
; en ce sens, la " commission équité et réconciliation
" qui verra prochainement le jour ( après l'approbation
royale du 6 novembre 2003 de la recommandation du CCDH ) diffère
fondamentalement de la commission nationale indépendante
pour la vérité revendiquée par le colloque
national relatif aux graves violations qui a été organisé
en novembre 2001 par l'AMDH, l'OMDH et le FVE.
L'AMDH s'étonne que la décision de constituer une
" commission équité et réconciliation
" ayant pour objectif de tourner la page du passé vienne
dans des circonstances où les violations des droits humains
connaissent une recrudescence.
En ce sens, l'AMDH affirme que l'initiative de constituer cette
commission ne peut être crédible sans la prise de mesures
immédiates pour arrêter la nouvelle vague de répression
abusive et ses conséquences, à savoir : la cessation
de la répression vis à vis des défenseurs des
droits humains, des journalistes et la libération de tous
les détenus d'opinion et les détenus politiques comme
le revendique le mouvement des droits humains.
Quant au dénouement final et équitable du dossier
des graves violations des droits humains, l'AMDH réaffirme
son attachement au principe de poursuite des responsables de ces
violations, comme elle réaffirme son attachement à
la position commune adopté par le mouvement des droits humains,
position qui figure dans les recommandations du colloque national
relatif aux graves violations ; enfin l'AMDH réitère
sa détermination à uvrer avec tous les démocrates
en vue de traduire les recommandations dans la pratique.
4. quant au dossier des droits de la femme, l'AMDH rappelle que
le discours royal du 10 octobre 2003 devant le parlement a affirmé
la volonté de l'état de promulguer une nouvelle loi
de la famille qui englobe des points positifs par rapport à
l'ancienne moudouana, réactionnaire et désuète,
qui a sévi jusqu'à présent.
Les points positifs sont relatifs à la reconnaissance du
statut de la famille qui devient sous la responsabilité du
mari et de la femme au lieu de celle du mari et à l'abolition
de la tutelle ( lors du mariage ) pour la femme majeure.
Néanmoins l'AMDH affirme que les nouvelles dispositions adoptées
( essentiellement grâce aux luttes du mouvement féminin
démocratique, du mouvement des droits humains et du mouvement
démocratique de façon générale ) ne
répondent pas à ses revendications relatives aux droits
civils de la femme. En ce sens, l'AMDH lance un appel à tous
les militants des droits de la femme tels que reconnus universellement
de continuer la lutte unitaire pour un statut de la famille moderne
et démocratique ayant pour fondement l'égalité
entre l'homme et la femme et telle que le stipule les pactes internationaux
relatifs aux droits de l'homme ; ceci suppose que l'état
retire ses réserves concernant le pacte international relatif
à l'abolition de toute forme de discrimination envers les
femmes.
A cette occasion l'AMDH exprime sa vive réprobation quant
à la marginalisation qu'a connu la femme lors du processus
électoral qui a débuté le 12 septembre avec
l'élection des conseillers des communes locales ; cette marginalisation
confirme le manque de volonté politique pour donner à
la femme sa place dans une société où elle
constitue la moitié.
L'AMDH affirme par ailleurs que le dossier des droits de la femme
ne doit pas être cantonné aux volets politique et civique
; en ce sens elle souligne que la femme souffre également
de graves violations quant à ses droits économiques,
sociaux et culturels.
5. l'AMDH enregistre et dénonce les graves violations et
les régressions qu'ont connu les libertés publiques
dans notre pays au cours de cette année, surtout après
l'adoption l'année dernière de codes ( de la presse,
de réunions et de manifestations, des associations ) qui
ne répondent pas aux soucis du mouvement des droits humains
et démocratiques dans notre pays. Les principales violations
et régressions sont :
Ø l'adoption de lois qui remettent en cause des acquis comme
la loi anti-terrorisme, la lois relative à la résidence
des étrangers au Maroc et la loi relative à la migration
illicite.
Ø La violation de la liberté de pensée, d'expression
et de la presse ; ces violations peuvent être illustrées
par les cas suivants :
§ Arrestation et condamnation du journaliste Ali Lemrabet et
sa condamnation arbitraire à trois ans de prison avec interdiction
de ses deux journaux à paraître
§ Arrestation du journaliste El Alaoui Mustapha et condamnation
du journaliste Mohamed Elhord, directeur du journal " Achark
" et son emprisonnement en relation avec la condamnation à
deux ans de prison de Mr Mohamed Elabadi, membre du conseil d'orientation
du groupe AL ADL WA AL IHSANE, du fait qu'il a exprimé son
opinion lors d'un interview publié par le journal sus-cité.
§ Privation ou marginalisation d'un certain nombre d'organisations
de l'accès aux moyens d'information officiels.
§ Arrestations, jugement et condamnations de 14 jeunes musiciens
du fait de leur activité artistiques après les avoir
accusé d'être des " adorateurs de Satan "
§ Arrestation d'un certain nombre de citoyens et leur condamnation
sous l'inculpation d'approuver les actes terroristes et arrestations
d'autres citoyens et leurs condamnation à des peines très
sévères sous l'inculpation d'atteinte aux sacralités
( cas de Elouardi Boujamaa de la ville de Tata par exemple )
§ Interdiction arbitraire de la manifestation artistique que
la section de l'AMDH de Taourirt a décidé d'organisé
avec la participation de l'artiste humoriste Ahmed Snoussi ; ce
dernier continue à subir des tracasseries à chaque
manifestation artistique.
Ø Interdictions et répressions violentes d'un certain
nombre de mouvements de contestation pacifique organisés
notamment par les organisations des chômeurs
Ø Arrestation et jugement d'un ensemble de citoyens sahraouis
et leur condamnation à des peines qui ont atteints 10 ans
de prison ferme.
Ø Répression et arrestation de plusieurs étudiants
à Casablanca et Mohammadia
Ø Arrestations arbitraires de trois militants du mouvement
Annahj Addimoukrati à l'occasion de leur appel au boycott
des élections communales
Ø Persistance des autorités à refuser arbitrairement
à un certain nombre d'organisations le reçu de dépôt
légal les privant ainsi de leur droit constitutionnel à
une activité légale
Ø Répression des défenseurs des droits humains
: en particulier l'arrestation, la torture, le jugement et la condamnation
de Rachid Chrii responsable dans la section de l'AMDH de Safi, et
arrestation et condamnation de Mohamed Hassani Belakri membre de
l'AMDH à Eljadida
Ø Dissolution de la section du FVE à Elayoune et refus
de délivrer le reçu de dépôt légale
aux sections de l'AMDH à Elayoune, Khénifra, Oued
Zem
Ø Eloignement arbitraire de 20 militants - syndicaux, des
droits de l'homme, et politiques - des régions sahariennes
Ø Arrestations arbitraires de responsables et membres de
l'AMDH du fait de leur participation à des sit-in en soutien
au peuple irakien.
6. L'AMDH constate que le dossier relatif à
la réforme de la justice n'a pas connu d'évolution
sensible aussi bien au niveau de la revendication concernant la
suppression des tribunaux d'exception, qu'au niveau de la revendication
concernant l'indépendance, l'intégrité et la
compétence des juges.
Les récents événements du nord du Maroc qui
ont mis à jour l'implication de quelques juges et auxiliaires
de la justice montre, sans équivoques le degré atteint
par la corruption et la gangrène qui ronge le corps de la
justice.
Par ailleurs, le retour en force des jugements arbitraires ( jugement
de Lemrabet, Chrii, Elouardi, Salafia Jihadia
) montre clairement
l'absence d'indépendance des juges du moins dans les affaires
à caractère politique.
Quant à la situation des prisons l'AMDH constate la dégradation
générale des conditions des détenus et surtout
les manques et les agressions dont souffre les détenus politique
et les détenus arrêtés dans un cadre à
caractère politique ; par conséquent l'AMDH demande
à ce que le statut relatif à l'organisation des prisons
ainsi que les règles élémentaires de base de
traiter les détenus soient respectés ; comme elle
demande à ce qu'on dévoile la vérité
sur les incendies dans les prisons, qu'on poursuive les responsables
et qu'on dédommage les victimes.
7. En ce qui concerne les droits économiques, sociaux et
culturels :
Ø l'AMDH enregistre la perpétuation et l'aggravation
des violations en matière de droits économiques sociaux
et culturels du fait du régime économique en vigueur,
de l'importance du service de la dette extérieure, des répercussion
de la politique d'ajustement structurelle - surtout sur les budgets
de l'état qui vont à l'encontre du développement
durable et de la politique de l'emploi - de l'insertion de l'économie
marocaine dans le cadre de la mondialisation sans qu'elle soit armée
pour cela ( accord de partenariat avec l'Union Européenne
et le prochain accord de libre échange avec les Etats-Unis
) et du pillage systématique de l'argent publique.
Ø L'AMDH déplore la politique d'impunité pratiquée
par les autorités aussi bien dans les crimes économiques
que dans les crimes ayant trait aux graves violations des droits
de l'homme en liaison avec la répression politique.
Ainsi malgré les résultats d'enquêtes officielles
qui ont abouti à la constatation du pillage de l'argent publique
et à la mauvaise gestion dans un certain nombre d'établissements
publique aucune poursuite ni aucun jugement n'ont été
mis en uvre à l'encontre des responsables.
Par ailleurs , l'AMDH demande à ce que l'enquête concernant
le scandale de la drogue - scandale qui a éclaté l'été
dernier à Tétouan - soit poursuivie jusqu'à
sa fin pour mettre à jour l'importance et la force de la
mafia de la drogue et le degré de ses liens avec l'instance
judiciaire et les instances étatiques chargées de
la sécurité et de la défense ainsi que ses
liens avec le corps de la douane.
Ø L'AMDH souligne la nécessité pour le gouvernement
de prendre les mesures adéquates pour faire respecter le
droit au travail et pour trouver des opportunités d'emploi
pour les chômeurs au lieu d'opposer une violente répression
aux sit-in et protestations de l'association nationale des diplômés
chômeurs du Maroc, aux autres groupes de chômeurs et
aux victimes de la société Annajat. L'état
devrait également prendre des mesures en vue d'éliminer
les causes de l'émigration clandestine qui entraîne
la perte de dizaines de vie chaque année. L'AMDH dénonce
également les violations dont sont victimes des citoyens
africains quand ils sont arrêtés au cours de leur tentative
d'émigrer clandestinement vers l'Europe via le Maroc.
Ø L'AMDH exprime sa réprobation vis-à-vis des
violations qui portent atteinte aux droits des ouvriers du fait
du non respect du droit du travail ( malgré ses limites )
bien que les autorités chargées d'appliquer ce droit
soient au courant de ces violations.
L'AMDH dénonce également les préjudices dont
font l'objet de larges catégories de salariés du textile,
du tourisme et de l'alimentation ; ces préjudices sont du
au fait qu'elles privent ces catégories de l'augmentation
du SMIG ce qui constitue une violation du principe d'unicité
des salaires dans le secteur de l'industrie.
Quant au code du travail approuvé par le parlement, l'AMDH
considère que malgré des acquis partiels ce code n'aboutit
pas à une reconnaissance des droits des travailleurs ( tels
que reconnus mondialement ) du fait de plusieurs points négatifs
et de régressions fondamentales.
Quant à la situation des salariés, l'AMDH estime que
le fait que le gouvernement n'applique pas ses obligations en matière
de salaire et d'indemnités ( comme il a été
convenu lors des accords du 30 avril 2003 avec les centrales syndicales
) est susceptible d'aggraver non seulement leurs situations mais
aussi d'exacerber les tensions sociales surtout après la
décision provocatrice d'augmenter les indemnités des
parlementaires de 6000,00DH par mois.
Ø L'AMDH exprime sa vive inquiétude du fait de la
dégradation des autres droits économiques sociaux
et culturels comme le droit à la santé, à la
sécurité sociale, au logement convenable, à
un environnement sain et à une vie décente. Cette
dégradation, qui se reflète également au niveau
des droits de l'enfant et des handicapés, peut être
illustrée par quelques indicateurs comme celui de la pauvreté
absolue qui a atteint 20%, celui du taux d'analphabétisme
qui atteint 50%, du classement du Maroc au 126ème rang selon
l'indice de développement humain et au 70ème rang
dans l'échelle de la corruption.
Ø En ce qui concerne les droits linguistiques et culturels
Amazigh, l'AMDH constate que malgré la décision d'écrire
l'Amazighité avec la lettre Tifinigh, rien, jusqu'à
présent, n'a été concrétisé quant
à l'enseignement de la langue Amazigh et quant à la
place de la langue et de la culture Amazigh dans les moyens d'information
officiels.
Enfin, après avoir passé en revue les différents
évolutions et changements qu'a connu la situation des droits
humains dans le monde et au niveau national durant cette année,
l'AMDH lance un appel à toutes les organisations des droits
de l'homme et aux organisations démocratiques en vue d'unifier
leur action face aux régressions afin de faire aboutir les
revendications fondamentales dans le domaine des droits humains
à commencer par l'instauration d'une constitution démocratique
comme point de départ pour l'établissement d'un état
de droit, un état de citoyens et citoyennes libres et bénéficiant
de tous leurs droits.
L'AMDH lance également un appel à tous les jeunes,
aux femmes, aux salariés, aux intellectuels démocrates,
et à tous les citoyennes et citoyens qui militent pour les
droits humains pour soutenir les activités de l'AMDH et pour
la soutenir en vue de faire avancer la lutte pour les droits humains
qui nécessite la participation effective de tous les citoyens
et citoyennes pour la défense des droits humains tels que
reconnus mondialement dans leurs dimensions politiques civiles économiques
sociaux et culturels.
BUREAU CENTRAL
RABAT LE 8 DECEMBRE 2003
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