Houcine EL MANOUZI, né en 1943 à Tafraout, mécanicien d’avions, syndicaliste et membre de l’Union des Forces Populaires, a été enlevé de Tunis le 29 octobre 1972.
Pour notre famille, depuis cette date, a commencé la descente dans les enfers dans une angoisse profonde. Tous ses proches vivent des passages d'une grande espérance à un grand désespoir. Depuis 36 ans, nous n’ignorons pas que disparaître, c'est ni vivre ni mourir. Le calvaire de HOUCINE nous le partageons tous.
En dehors de tout cadre légal, il entame sa 12970ème journée de détention dans un lieu où ses parents, sa famille et ses amis ne peuvent ni le contacter, ni lui rendre visite, ni se recueillir sur sa tombe s’il est vraiment décédé. Les responsables de sa détention « sur terre » ou « sous terre » s’obstinent dans leurs retranchements à continuer à cacher la vérité sur son sort.
Mais, jusqu’à quand ?
Les familles ont le droit de connaître la vérité sur le sort de leurs proches disparus. Si rien n’est entrepris dans ce sens, les disparitions de personnes continueront à laisser planer une zone d’ombre préoccupante sur l’avenir du Maroc.
Tant que le sort des disparus ne sera pas élucidé, les familles resteront non seulement tourmentées, mais aussi animées par l’impossibilité de faire le deuil. Nous espérons tous un miracle – une libération d’une prison secrète, une nouvelle vie- ou simplement des restes humains, une tombe sur laquelle nous recueillir.
L’Etat Marocain doit assumer ses responsabilités en tant que garant des droits des personnes à la vie. Ses services de sûreté détiennent l'information et il dispose de moyens pour imposer à ses agents actifs ou en retraite de dévoiler la vérité sur le sort de Houcine El Manouzi et de tous les détenus disparus. Rappelons nous de la localisation de la tombe du disparu Mohamed Abou Fadi et celle toute récente des tombes de Nador.
Famille Houcine EL MANOUZI
Casablanca 10 mai 2008
 |